Comment la psychanalyse peut changer notre vie

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Selon Virginie Mégglé, psychanalyste
Angoisses, peurs, traumatismes, mal-être… les raisons qui poussent à s’allonger sur le divan sont nombreuses. Mais entre quelques séances ponctuelles chez un  psychologue et une psychanalyse approfondie, le fossé est grand.
Petit rappel : le terme de « psychanalyse » selon Freud, son fondateur, désigne l’analyse, la « décomposition » de la pensée consciente et inconsciente.
La psychanalyse est donc une longue et profonde analyse du « moi », dans le but de soigner les tourments intérieurs par les mots.
Aujourd’hui, la psychanalyse a plus de cent ans, et elle réunit toujours autant d’adeptes, comme le prouvent de nombreux témoignages, pour qui le voyage intérieur fut un passeport pour la sérénité et la liberté.

À quel moment doit-on songer à entreprendre une psychanalyse ?

La psychanalyse est une démarche personnelle, qui répond à une décision intime. Autrement dit, ce n’est jamais « sur ordonnance » que l’on entreprend une analyse. En général, lorsque l’on commence une psychanalyse, c’est que l’on en a entendu parler (amis, famille livres…), et que l’idée nous trotte dans la tête depuis un certain temps, ou lorsqu’on se sent en difficulté, et avec l’impression de ne pas pouvoir s’en sortir seul. Par exemple en cas de deuil difficile, de maladie, mais aussi lors d’un divorce, d’un licenciement professionnel, ou encore quand des sentiments négatifs, d’échec, et de lassitude sont persistants.
En règle générale, la durée d’une analyse varie de trois à six ans, maximum.

Combien de temps en moyenne dure et coûte une séance d’analyse ?

Une séance dure entre 20 et 45 minutes, parfois une heure.
Pour certains, dont la pratique s’inspire de celle de Lacan, la séance ne se termine qu’au moment où le psychanalyste pense qu’il est bon de l’interrompre, pour le bien de la cure, et celui du patient.
En qui concerne le prix, le montant varie en moyenne entre 40 et 80 euros la séance. Il est établi en début de cure en fonction des revenus du patient, afin qu’il ait une valeur symbolique qui prenne sens dans le travail analytique.
Est-il possible que certaines psychanalyses ne « guérissent » pas le patient ?
C’est très rare, mais il faut savoir qu’on « répare » plus qu’on ne « guérit ». Pour que cela fonctionne, l’analysant doit adopter une démarche active et accepter les phases de régression, les tensions intérieures douloureuses qui paradoxalement lui permettront de progresser. Car en général, tout travail analytique aboutit sur un mieux-être, une meilleure connaissance de soi, un sentiment de libération et d’ouverture sur le monde. Mais il arrive qu’après plusieurs années, un analysant ait envie d’interrompre de façon brutale le travail, parce qu’il a l’impression de ne pas avancer. Dans ce cas, la poursuite de l’analyse avec un autre praticien permet souvent de comprendre ce qui s’est joué.

Comment bien choisir son psychanalyste ?

Le bon psychanalyste de notre meilleure amie serait peut-être mauvais pour nous. C’est une question d’alchimie entre deux personnes. Aussi s’agit-il de se donner le temps de trouver le psychanalyste qui nous convient.
Par ailleurs, on peut aussi, avant d’entreprendre une psychanalyse, s’assurer que le praticien a bien lui même effectué une psychanalyse. Un psychiatre par exemple ne peut devenir psychanalyste que si lui-même a entrepris cette formation bien particulière.
Virginie Megglé est également l’auteure de :
À chacun son poids, éd. Eyrolles, 2008
Entre mère et fils, éd. Eyrolles, 2008
Face à l’anorexie, éd. Eyrolles, 2006
Couper le cordon, éd. Eyrolles, 2005