Renaître à soi et à la vie – Flora Aubin

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D’Après le psychanalyste Winnicott, exister, c’est vivre « une vie qui vaut la peine d’être vécue »

Cette phrase résume bien de quoi il est question quand on parle d’exister. Il entendait par là, une vie où l’on se sent exister, une vie où nous pouvons éprouver des sensations et des sentiments authentiques, par opposition à une vie où tout paraît futile, sans goût et sans saveur, gris et morne jusqu’à la dépression.  Mais notre authenticité doit aussi se vivre avec retenue car nous devons composer avec les nécessaires adaptations à la vie sociale. L’authenticité se constitue à partir de ce nous éprouvons réellement. Ce que nous éprouvons avec nos sens, la vue, l’ouïe, le toucher, le sentir, le goûter. Mais pour que ces éprouvés sensoriels s’organisent et prennent sens en s’accordant avec le monde environnant, pour que nos sensations s’accordent avec nos sentiments, nous avons besoin de l’autre et de l’altérité.

Renaître à la vie, c’est aussi, aimer la vie différemment avec ce que nous sommes vraiment et ce que nous apportons et recevons des autres. La vie défile tellement vite que nous devons profiter du moment présent, comme un don de la Vie. Revenir à l’essentiel, c’est saisir une part de l’éternité. Réaliser que nous sommes mortels, c’est réaliser que nous ne sommes pas éternels. Avoir l’envie de vivre et de survivre, c’est accepter pleinement chaque moment comme un cadeau du Ciel. Nos projets et nos rêves nous permettent de nous réaliser, de nous dépasser et de nous orienter vers de nouveaux horizons. La véritable richesse humaine est parsemée de ces rencontres si diverses et multiples qu’elles nous aident à traverser les épreuves. Nous sommes porteurs de savoirs et de compétences utiles dans les projets communs.

Dans notre société de compétitivité et d’individualisme, sont davantage favorisés la vitesse et la richesse, l’avoir et le pouvoir, le paraître plutôt que l’être pour « Aller toujours plus haut et plus fort ». Mais à quel prix ? Continuerons-nous encore longtemps sur ce rythme effréné ?

Face à une crise, les épreuves de la vie nous aident à évoluer et grandir. Avant de chambouler votre existence, je vous propose de chercher « ce qui vous rend heureux aujourd’hui. Qu’est-ce qui vous nourrit, vous fait vous sentir vivant ? » Soyez attentif à ce qui vous est précieux, à ce qui vous motive, vous émeut : faire rire vos proches, enseigner à vos enfants, écouter vos amis dans la peine ou courir après des contrats à décrocher. « Vous avez, comme tout le monde, des besoins existentiels – de sens, de reconnaissance, de valorisation, d’amour, etc.,. Éloignez-vous de cette fausse humilité pour reconnaître vos talents et en quoi vous contribuez à la satisfaction de vos besoins. Vous gagnerez en estime de vous-même et vous sentirez capable. » Capable d’être heureux, de faire vivre certaines de vos valeurs, donc d’aller plus loin.

Quel était votre rêve d’enfant ? Pour vous souvenir de votre idéal d’enfant, pour vous demander si vous l’avez réalisé un peu, beaucoup ou pas du tout vous permettra de comprendre ce qui a motivé vos choix de vie, et comprendre ou vous vous situez aujourd’hui.

C’est retrouver des gestes simple, des activités qui nous font du bien :

S’émouvoir à la lecture d’un poème.

Préparer un gâteau, un repas, en pensant au plaisir que chacun prendra à le déguster.

Reprendre un livre, oublié dans un coin, heureuse de le retrouver.

Remarquer à nouveau la douceur du pelage d’un animal, la profondeur de son regard, la douceur d’une léchouille sur le visage.

Retrouver son propre visage dans le miroir, lui sourire et reprendre conscience de soi.

Avoir des projets le matin en se levant.

Sourire à la lecture de quelques mots amis envoyés…

Qu’allez-vous faire aujourd’hui, pour renaître à vous-même ?

Flora Aubin