Burn-out, un syndrome d’épuisement professionnel – Flora Aubin

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Burn-out, un syndrome d’épuisement professionnel – Flora Aubin

Le burn-out. Un syndrome d’épuisement professionnel qui peut avoir de graves conséquences sur ceux qu’il atteint. Et qu’il est important de savoir reconnaître, pour mieux s’en protéger.

En cause : notre stress chronique

Le terme de burn-out a été employé pour la première fois en 1974 par le psychiatre américain Herbert Freudenberger dans un article,Staff burnout. Il l’a défini alors comme une « brûlure interne ».

Littéralement, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer ». « C’est une usure à petit feu qui trouve sa source dans le cadre professionnel »,  En cause ? Le stress chronique que nous sommes nombreux à subir au travail. « Contrairement à ce que l’on pense souvent, la première cause d’un burn-out n’est pas psychologique, mais physiologique. Il est dû à un stress important et répété. Le stress est une réaction du corps, qui lui permet de se mettre en alerte le temps d’un danger. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, l’urgence est devenu un mode de vie. Les gens sont sur le qui-vive 24 heures sur 24. Résultat : leur corps est épuisé. Et cette fatigue de fond va avoir un impact sur leur moral ». Doutes sur ses compétences, ses qualités, dépréciation de soi-même, irritabilité… Très vite, l’épuisement émotionnel vient s’ajouter à l’épuisement physique.

Un processus insidieux

Le burn-out « est un processus, et non un état », processus qui peut d’ailleurs avoir différents degrés de gravité. « On n’est pas obligés d’aller jusqu’au fond pour rebondir. Sachant que l’évolution d’un burn-out est très lente ».

Mais un jour, on arrive au bout du bout de l’épuisement. « Soudain, j’ai craqué », « il/elle a pété les plombs », peut-on entendre. Le propre du burn-out : bien souvent, la personne qui en est atteinte ne s’en rend pas toute de suite compte. Pas plus que son entourage. souvent c’est une personne va avoir tendance à en faire beaucoup, . Elle va penser sans cesse à son travail, se rendre toujours disponible et prendre un rythme effréné sans forcément le réaliser. Ce faisant, elle va perdre contact avec elle-même, s’oublier, et finir par ne plus tenir compte de ses limites ». Jusqu’à un jour, perdre le contrôle.

La « maladie de l’idéalité »

Mais un burn-out n’est-il pas le fait d’une personne « fragile » ? Non, car nul n’est à l’abri. L’épuisement professionnel touche les hommes comme les femmes, toutes professions confondues. Leur point commun ? « Le plus souvent, ce sont des personnes très engagées dans leur travail, qui aiment leur entreprise, des personnes ‘pilier’. Ce sont elles qui subissent le plus les tensions et le stress ». Des individus perfectionnistes, en quête de reconnaissance, dévouées à leur société… qui ne comptent ni leurs heures ni leur énergie, et se retrouvent les plus vulnérables face à ce que l’on appelle « la maladie de l’idéalité ».Subir son travail

Perte de sens de la valeur travail, manque d’autonomie, de reconnaissance, connexion continue grâce aux nouvelles technologies… nos conditions de travail actuelles favorisent la multiplication des cas de burn-out. « Dans notre société, l’hyperactivité est survalorisée. Dès lors, les gens ne sont pas évalués sur les bons critères. On leur demande de faire mille choses à la fois, d’aller le plus vite possible, et avec les nouveaux moyens de communication, de toujours répondre dans les cinq minutes. On les surcharge de travail et d’informations -dont la plupart ne les concernent pas- à gérer. Tout en faisant fi de leur désir d’exécuter un travail de qualité ». D’où le sentiment qu’ont de plus en plus d’entre nous de subir leur travail. Le commencement d’un mal-être face auquel il est important de réagir.

Identifier les lieux d’usure

Marie Pezé, psychologue clinicienne et psychanalyste, a ouvert la première consultation Souffrance et Travail à Nanterre. Comme certains de ses patients, elle a craqué en 2002, épuisée. Elle raconte :

Un téléphone qui sonne toutes les deux minutes, une tâche récurrente mais complètement inutile, un collègue qui se repose entièrement sur vous… « Ce sont des tâches, des situations ou des personnes qui créent chez vous un sentiment d’impuissance, de lourdeur, de fatigue. Qui vous vident de votre énergie ». L’idée : les repérer pour ensuite tenter de les faire changer. De les améliorer. Mais attention,  « certains lieux d’usure, certaines conditions de travail, sont impossibles à faire évoluer. Au lieu de perdre son énergie à tenter de casser un mur, on doit les accepter car on ne peut précisément rien y faire. ».

Prendre soin de soi

Le principe de base, c’est de ne pas focaliser sur ce qui est stressant, usant, mais sur la façon dont on peut prendre soin de soi. » Se ressourcer… au travail, voilà l’objectif. Qu’est-ce qui fait sens dans mon travail ? Qu’est-ce qui me motive, m’apporte de la satisfaction ?… Autant de questions à se poser pour tenter de trouver un juste équilibre entre des tâches « ressourçantes » et d’autres, plus « usantes ». Sans oublier les pauses, à s’accorder tout au long de la journée. « Même de toutes petites, pour relâcher les tensions. Il suffit de bouger un peu en s’étirant, en montant les escaliers, ou en faisant une petite promenade… » Car rester statique, surtout derrière un ordinateur ne fait qu’accumuler les tensions. L’objectif final de toutes ces petites attentions envers soi-même ? « Ne plus terminer une journée de travail en étant complètement épuisé, au point de ne plus pouvoir s’investir dans sa vie privée. Il n’est pas juste de sacrifier toute son énergie au travail ».

Burn-out : et après ?

Face au burn-out, nous avons donc les moyens de réagir. A condition de savoir en reconnaître les symptômes. Parmi eux : grande fatigue, troubles du sommeil, irritabilité, agressivité, ruminations, perte de concentration… Mais aussi des problèmes physiques comme pression respiratoire, maux de tête et d’estomac… Le signe qui ne trompe pas parmi tous ces symptômes ? « Lorsque cette fatigue de fond ne passe pas avec les vacances et que l’accumulation de tensions et de stress reprend sitôt le retour au travail ».

Il est alors temps de consulter son généraliste pour un bilan de santé. A lui d’identifier les causes – burn-out ou autre problème physique – de vos symptômes. Et de vous arrêter, ou non. « Ce n’est pas obligatoire. Mais quand on n’a plus d’énergie et un fort risque d’accident, c’est indispensable ».  90% des personnes finissent par reprendre leur travail. « Il est important de réaliser que l’on peut faire autrement, que l’on peut arriver à gérer le stress et la pression. ». Heureusement, un burn-out n’a, dans la plupart des cas, rien d’irréversible. Mais peut faire de gros dégâts.Certains ont aujourd’hui changé de métier, se considère encore « en sursis »..

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Source : Psychologie.com