Femme mystique, Femme solaire. Ou se relier à la dimension sacrée de l’existence

Caroline Manière Terre-Mère

«  Elle est « enceinte du soleil de la connaissance et de l’amour ». La femme mystique est celle sur laquelle est descendu l’Esprit-Saint, celle qui a été visitée par l’ange gardien, la grâce, l’illumination, celle qui a rencontré son moi supérieur, qui est en contact avec son être spirituel, qui se dirige vers une spiritualisation constante de son être, qui ne définit plus son existence à partir de sa relation avec l’homme mais à partir de sa relation avec elle-même et avec Dieu.

Il existe toutes sortes de degrés dans la manière dont on peut vivre son mysticisme, qu’on soit homme ou femme. Il peut s’agir de quelques instants privilégiés vécus comme par accident, par surprise ou au contraire d’une démarche constante, d’une recherche intense qui colore tous les mouvements de l’existence. Dans son acception la plus courante, la femme mystique sera imaginée comme la femme qui se consacre à Dieu. Mais il n’est pas nécessaire que Dieu soit nommé pour qu’il y ait mysticisme. Nietzsche se définissait comme un mystique sans dieu et beaucoup aujourd’hui parleront d’énergie pour désigner un état de transcendance. La femme mystique est entrée dans la voie de la connaissance, connaissance d’elle-même et ouverture sur l’infinité des regards qu’on peut porter sur le monde, elle peut s’identifier à tout ce qui existe et faire reculer les limites du champ matériel par le pouvoir de son esprit. Elle recherche la communion, l’amour universel, l’état de paix et de transparence, la disponibilité intérieure. Elle a besoin de solitude pour établir une communication supérieure avec la partie connaissante d’elle-même, elle partage avec les autres le trésor infini des trames de relation aimante.

Elle incarne le bonheur de vivre et le rayonnement solaire, elle sait créer pour elle-même et pour les autres les champs d’énergie qui induisent un état d’ouverture et d’éveil. Tous ses actes tendent progressivement vers l’harmonie. Elle dissout en elle et autour d’elle tous les désagréments, les tentatives de destruction, les affolements, les douleurs physiques et morales. Elle apprend à se servir progressivement de son esprit pour agir sur les événements, les corps et les âmes. Elle est entrée dans la voie d’une évolution consciente et elle ne souhaite plus s’arrêter, elle cultive sa sagesse naissante comme on cultive son jardin. Car il faut dire que la femme mystique n’est pas cet être d’exception, vaguement suspect d’outrance, à la limite de la folie que notre tradition et notre culture nous présentent.

Elle est le potentiel de chaque femme qui se relie à la dimension sacrée de l’existence. Les contradictions névrotiques ne sont pas inéluctables, les manipulations chaotiques de nos croyances anarchiques entassées depuis l’enfance dans la programmation du cerveau ne sont pas incontournables. La conscience existe, à la fois analytique et globale, elle peut être l’instrument l’une exploration minutieuse de soi, elle peut pratiquer le nettoyage par le vide puis la reprogrammation consciente et volontaire. La femme mystique est celle qui a accepté de remonter à la source de toute création, qui se sent la source permanente de tout ce qu’elle vie, qui exerce constamment son potentiel créateur. Par là même elle entre en résonance avec tout ce qui existe à partir de son propre centre dont elle reçoit toutes les informations. Cet être entièrement créatif est aussi entré dans l’essence même de l’amour. La version moderne de la femme mystique et merveilleusement banale et complètement nécessaire au ressourcement de notre époque.

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Jeanne d’Arc et sainte Thérèse d’Avila se conjoignent en elle par l’esprit de décision et d’entreprise et par la lumière d’amour. Comme si toutes ces grandes âmes qui ont défriché des voies d’accès avaient enfin permis que se présentent pour le plus grand nombre des raccourcis royaux, somptueux héritage de conscience. Tout comme le plus grand nombre a maintenant accès à l’alphabétisation, tout comme les informations circulent à grande vitesse d’un bout à l’autre de la planète, les consciences peuvent savoir de plus en plus rapidement qu’elles peuvent se déconditionner des névroses actuelles et entrer dans un champ d’expérience totalement différent. Aucune autre foi n’est nécessaire que celle qui consiste à s’accepter et à expérimenter totalement. La recette est infiniment simple et infiniment efficace.

L’extase n’est pas cet état proche de la folie que vivrait celle qu’on nommerait péjorativement « l’illuminée ». L’extase fait partie des ressourcements atteints à certains moments privilégiés. Depuis vingt ans (aujourd’hui près de 50 ans !) des aventuriers de la conscience se sont lancés dans l’exploration des voies d’accès par la drogue d’une part, par les exercices de déconditionnement de tout le courant de la psychologie humaniste d’autre part, bio-énergie, gestalt, etc. On arrive au moment où les fruits commencent à mûrir. Il y a eu de nombreuses erreurs et de nombreux holocaustes dans cette exploration. Il faut le dire, des gens sont morts, d’autres sont devenus fous. Mais aujourd’hui, on fait le tri du pire et du meilleur et on peut aller directement au meilleur sans passer par les sectes et les gourous, sans passer par les hallucinogènes baptisés trop rapidement parfois expanseurs de conscience.

Cette évolution s’offre aux femmes et aux hommes de ce temps de manière égale. Les femmes qui sont touchées par ce champ d’expérience différent ont une chance de transformer complètement et rapidement leur relation à l’homme. L’égalité devant Dieu, que posait déjà en principe le catholicisme, se trouve ici incarnée. L’homme est la femme sont d’abord deux êtres avant d’être deux sexes différents. Leur similitude prime sur leur différence. Ils sont deux habitants de cette planète Terre, ils disposent d’un esprit dont ils ont à reconquérir le fonctionnement pour comprendre le sens et apprécier la beauté de leur vie puisque c’est d’elle que naît la vie. L’alimentation de la sexualité assure la continuité de la race et alimente aussi tout le potentiel de la seconde naissance ou naissance spirituelle. Car il n’y a pas de différence de nature entre la sexualité et la spiritualité. C’est la même énergie qui préside à la naissance physique et à la naissance spirituelle. C’est pour cette raison que les hindous appellent la grande pinéale, qu’on commence à soupçonner comme étant la glande de l’illumination, « l’enfant soleil ».  »

 

D’après le livre Femme mystique, Femme solaire. Ou se relier à la dimension sacrée de l’existence par Paule Salomon, Philosophe, thérapeute.